La Covid et Mrs les Présidents

A cause de notre cher ennemi Covid, le bateau a hiverné deux années de suite à Leros. 2020 fut une année avec une courte saison de voile. Le bateau est resté à quai tout le printemps et a été mis à l’eau qu’en septembre pour deux semaines de navigation. Nous filons vers l’est au premier port pour faire les formalités douanières à Turgutreis, port et environs très bétonnés. En allant vers le centre commercial Patrick se prend le pied dans une barre et tord méchamment la cheville. Nous décidons de continuer notre route uniquement au moteur le temps que sa cheville se calme. Nous longeons la péninsule côté nord de Datcha. Le long de cette côte couverte de pinèdes verdoyantes, nous découvrons un paysage très sauvage, sans maisons, routes ou port en vue. C’est magique. Dans cette région, il y a extrêmement peu de résidences secondaires où d’hôtel. Par contre beaucoup de turc ont un bateau de taille plus ou moins grande. Ceux qui n’en ont pas font appel aux sorties touristiques sur ces magnifiques bateaux en bois turc, les Gulets. Cela permet de protéger la côte sauvage. Pas bête. Au retour de cette côte on passe la nuit au port au nord de Datca, à Karios. Patrick y rencontre un anglais qui organise un pot avec ses amis, dont des immigrés libanais, Christian et Jocelyne. Lui est cinéastes de films documentaires sur les droits de l’homme.
Port de Karios
De Karios nous prenons le ferry pour Bodrum. Le lendemain en route pour la pointe de la péninsule où nous mouillons au pied de Knidos, site hellénique impressionnant par sa taille avec une digue qui relie le quartier d’habitation et les temples. Il paraît que cette digue donne d’un côté sur la mer Égéenne et de l’autre sur la Méditerranée.
Le site hellénique Knidos
Nous longeons la péninsule sud et mouillons dans un charmant petit port au pied d’une falaise. Tout d’un coup on entend Christian qui avait reconnu notre bateau, nous appelle. Ils ont leur maison non loin de là. On a passé un très bon moment avec eux sur leur terrasse qui nous racontent la vie au Liban et la Turquie. Un couple de grande valeur humaine. On prend la direction pour Marmaris en s’arrêtant à plusieurs criques pour des baignades. Dans la péninsule du sud les paysages sont plus pelés et plus on va vers l’est plus la température monte. Nous avons souvent eu du mal à jeter l’ancre à cause de trop de profondeur près de la côte qui reste profonde jusqu’à quelques mètres de la plage. Notre chaîne est trop courte (30metres) pour faire comme les gros pouf pouf clinquants.
Tout le long de la côte, des bateaux sont amarrés comme des demi arrêtes de poisson, avec l’ancre devant et l’arrière rattaché par une ossière à un arbre. Nous n’avons croisé pratiquement pas de voiliers étranger. Marmaris, 40 degrés, rafale à 30 nds, c’est l’équivalent de l’utilisation d’un sèche-cheveux du matin jusqu’au soir. En fin de journée on était comme des chips grillés. On doit faire un test PCR pour le retour en Suisse et remplir un formulaire Covid. On avait eu le temps d’oublier ce mot qui commence par un C. Le retour à la réalité est un peu dure. Cafard…